Je ne vais pas me fendre d'une brève sur les saisons qui passent, mais juste vous donner quelques nouvelles de mon cher jaune qui doit, au moment précis où je vous écris, baisser la tête pour que les gouttes d'eau saisonnières de pénètrent pas ses oreilles poilues... ;-)
Le rustique animal a pris bien de la bedaine durant son presque mois de vacances, et commence tout juste à se recouvrir d'un poil méritant un bon coup de tondeuse avec peignes de taille chirurgicale...
La mauvaise nouvelle, c'est que son copain de pré est recouvert depuis quelques jours de multiples ronds de teigne, et que je vais donc tous les 3 jours les vaporiser d'immaveral. Opération plus que hasardeuse concernant le dit cheval atteint, qui, à la vue du vaporisateur, s'enfuit à vive allure et refuse catégoriquement de se laisser pschitter de près ou de loin. :-/ GRRRRRRRRRR
Il s'agit donc de ruser, à la manière d'un vieux sioux, en cachant dans son dos d'une main le licol (boucle qui fait gling gling fermement retenue de 2 doigts), et de l'autre de cacher dans un sac suggérant quelques friandises le fameux pschitt effaroucheur de chevaux réticents au pschittage...
Ensuite, il faut d'une douce voix interpeler l'équidé : "Red Hoooooooot ! Huuuuuuummmmm les bonnes petites pommes !!!!" Et nonchalamment, l'air de rien, laisser choir quelques succulents fruits défendus un peu gâtés (pour l'odeur), tout en montrant que Quid, lui, s'en fait péter le bide sans demander son reste !!!
Enfin, et c'est là que réside tout l'art de l'indien (à qui on ne fait pas le coup de "j'te fais un demi-tour dès que j'ai compris l'arnaque"), il faut s'approcher prudemment (sans toutefois avoir l'air louche de celui qui vient te passer la longe autour du coup comme un lasso) , et caresser (avec des gants hein parce que la teigne, merci bien !) le fougueux destrier de 4 ans, tout en ramenant d'une main avisée le licol caché dans le dos. Et là, pendant que le grand girafon mâche sa 4ème pomme d'un air satisfait, lui enfiler discrètement la chose pour le capturer.
On pourrait croire que l'opération est alors couronnée de succès, mais n'allons pas trop vite en besogne, car le quadrupède sent alors qu'il se passe quelque chose de fumant. Surtout lorsqu'il voit poindre le vaporisateur du sac ! Débute alors la 2ème partie de la manœuvre : d'une main (ben oui je suis toute seule, parce que sinon c'eut été trop simple !), il faut tenir vraiment fermement le teigneux, et de l'autre vaporiser la solution finale sur les multiples lésions, puis gratter les croutes pour qu'elles tombent, et réitérer l'opération jusqu'à ce que l'intégralité des croutasses soient exterminées... Sauf que, vous vous en doutiez, le Red Hot porte bien son nom, et ne s'en laisse pas compter comme ça ! Il mesure juste 1m78, lève la tête à environ 2m50 (d'où le surnom de girafon), et s'enfuit en tirant violemment sur sa longe dès qu'il entend le moindre "pschiiiiittt' salvateur... S'ensuivent alors une multitude d'essais ratés, de cercles concentriques de 3 mètres de diamètre avec moi au centre et le farouche cheval à l'autre bout, qui tournoie à toute vitesse jusqu'à épuisement (de l'humain)...
Vous l'aurez compris, c'est une vraie partie de plaisir !!!
Quid lui, d'une très grande intelligence, et ayant déjà été sujet à la teigne dans sa jeunesse, se rue, dès les premières actions discrètes, sur les pommes, et se laisse pschitter le corps sans moufter, sans être attaché, et en redemande (en venant me faire ch... lorsque je m'acharne à essayer de traiter son camarade) !
Ahhhhhh, le pré, la promiscuité entre congénères, c'est le bonheur !!!! :-)
Bon, c'est pas tout ça, mais aujourd'hui, il faut justement que j'aille me déguiser en indienne, alors je vous laisse jusqu'au retour du jaune dans ses écuries, à savoir mercredi soir si tout va bien !!!
J'ai hâte qu'il soit rentré le bougre ! Il va pas être content de se faire tondre au bout de quelques jours, ni de tourner en rond à la longe jusqu'à ce qu'il perde un peu de son bedon... Mais il faut bien s'y remettre un jour ! ;-)
Sinon rien à voir avec les coursiers hennissants : Hier, je termine un remplacement de 2 jours dans une école élémentaire, et à la sortie, la grand-mère d'une gamine de ma classe me donne un ticket de cantine, puis en profite pour ma faire la réflexion suivante : " C'est pas votre copine hein !". De là j'essaie de comprendre de quoi elle me cause... Voyant mon air interloqué, elle rajoute : "Ben oui, ma petite fille, c'est pas votre copine ! Elle préfère son maître !"
Ma mâchoire avait encore du mal à remonter lorsque je me suis entendue lui répondre que je n'étais pas maîtresse pour être la copine de mes élèves, et encore heureux qu'elle ne me considère pas comme telle !!!
Non mais, je rêve ou ? :-O