vendredi 24 novembre 2017

Un an et demi à rattraper

Chers lecteurs-lectrices,

Voilà maintenant plus d'un an que ce blog n'a pas été mis à jour. J'ai reçu quelques (gentilles) plaintes, et puis j'ai simplement attendu que l'envie me reprenne de vous écrire.

Facebook n'est pas innocent dans cette affaire : je partage régulièrement les vidéos de ma frite à mes contacts, et je suis effectivement moins bavarde qu'en ce lieu.

Je ne sais pas si j'aurai bien le temps de vous conter ici bas mes aventures équestres régulièrement à partir d'aujourd'hui, mais en tout cas, je vais tenter de "rattraper" un peu le fil perdu. ;-)


Tout d'abord, il y a eu de gros changements de vie pour ma jument :

- Après son débourrage et ses 2 mois de "balades" estivales pour confirmer la mise au travail, je l'ai laissée au pré tout l'hiver, de septembre 2016 à janvier 2017 inclus, histoire qu'elle puisse digérer toutes les contraintes du cheval sous la selle et qu'elle ait le temps de pousser. Pour vivre au pré et parce qu'il n'était vraiment pas nécessaire qu'elle garde des fers durant cette période, je l'ai mise pieds-nus à ce moment-là. Aucun maréchal contacté ne s'est trop bougé pour m'aider dans cette démarche, alors j'ai fait ça un peu "à l'arrache", moi-même, avec mon bon sens et l'aide de mon hébergeuse de frite au pré.




- Ensuite, je l'ai rentrée au boxe à Sandrans, dans l'écurie de CCE où je l'avais débourrée. J'ai repris gentiment le boulot, je l'ai tondue, et puis je n'ai pas réussi à faire venir un maréchal pour la referrer.
En parallèle, j'ai commencé à me documenter sur le pieds-nus. Des amies proches s'étant lancées dans l'aventure, j'ai commencé à m'interroger et à me poser les BONNES questions.


Pour les curieux-curieuses qui auraient envie d'en savoir plus, il existe des thèses et expériences menées qui m'ont pas mal éclairée sur le sujet : c'est Ici et Ici. La liste n'est pas exhaustive, on trouve de tout dans le pieds-nus, les fervents défenseurs ouverts, et les bornés extrémistes ;-). Je ne fais partie d'aucune catégorie, je n'en suis qu'aux prémices de mes propres expériences, et je pars avec des inconvénients de taille : Ma jument a les pieds plats et les talons fuyants aux antérieurs. Je pratique le CCE, ce qui veut dire que parfois, il faudra que je réfléchisse bien au sol de mes concours (mais entre nous, quel cavalier partirait sur un sol caillouteux ou très dur sans avoir un léger doute sur le bien-être et la récupération de son cheval ? ;-))
Je suis entourée, en concours, de personnes très surprises de ma démarche, mais aussi très curieuses. A moi de montrer que, pour le niveau que je pratique actuellement, ça "marche" et ça n'est pas plus dangereux pour ma jument et moi que faire du cross ferré.



- J'ai assez naturellement fait appel à une podologue du coin qui venait déjà travailler les pieds de chevaux que je côtoyais.
J'avais très peur de laisser ma grande jument aux pieds plats pieds-nus... Mais je me suis dit que je n'avais pas grand chose à perdre à essayer. J'ai donc pris le temps de lui fortifier/durcir les pieds en la marchant sur route et chemins accidentés, avec en parallèle un parage adéquat. On est passées par des stades un peu délicats, on a tenté les PHW (Perfect Hoof Wear), un dispositif de bandes de résine qui aident à retrouver du confort dans ce genre de cas de pieds aux talons très fuyants et plats. Il aura fallu environ un mois et demi pour avoir des améliorations vraiment importantes. Ensuite, je me suis accrochée à l'idée que sur sol meuble, la jument se déplaçait toujours aussi bien. Et je l'ai gardée pieds-nus toute la saison (si si, c'est possible ! ;-))

Une petite virée en Camargue avec les copines... Des heures de marche sur des sols très secs et caillouteux (j'avais une sacrée frousse de la voir boiter après ces quelques jours mais rien du tout !)

- Bon, cela s'est accompagné d'une vision holistique de mon cheval : Je l'ai vite repassée au pré 24h/24, constatant que la vie en boxe ne lui et ne me convenait plus. Lady étant une jument très expressive, la voir bouder au fond du boxe ou le regard éteint m'a vite "traumatisée". Elle allait pourtant au paddock quelques heures par jour, mais il faut quand-même ouvrir les yeux : 3h de "liberté" dans un espace sans herbe de 40m par 15m, est-ce suffisant en regard des 21 autres heures d'enfermement dans un espace de 3,5 m par 3,5m ??? Évidemment, j'enfonce des portes ouvertes. On sait tous et toutes qu'il n'en est rien. On sait tous que nos chevaux sont des animaux grégaires, herbivores, aux besoins sociaux importants... On sait tous que nos chevaux sont beaucoup plus heureux en prairie qu'enfermés. On sait tous que manger du concentré et du foin rationné plutôt que manger en continu de l'herbe et/ou du foin est un risque pour leurs digestion (je crois que je n'ai pas besoin de parler des coliques...). On le sait, mais on pense que notre confort passe par cet enfermement, que c'est compliqué à gérer un cheval au pré. Et parfois, c'est vrai qu'il est difficile de trouver des structures qui permettent ce changement de vie...

Pour voir son pré : c'est ICI

Bref, vous l'aurez compris, j'en arrivais à me poser beaucoup de questions et surtout je commençais à refuser d'accepter ce que j'acceptais depuis des lustres en détournant le regard. C'est très culpabilisant de se poser ces vraies questions. Et faire du sport avec nos chevaux implique beaucoup de contraintes, pour les chevaux et pour nous. Il n'est pas simple de tout changer, même quand on SAIT que ça serait mieux pour nos montures. Les habitudes ont la vie dure...







Ainsi, la frite se retrouva finalement à vivre en troupeau, sans fers, à ne manger plus que de l'herbe et des compléments vitamines et minéraux. Cela fait maintenant depuis le mois d'avril qu'elle a changé de vie, et moi aussi ! (Vous remarquerez au passage qu'elle ne fait pas encore pitié et que pour lui deviner les cotes, il va falloir que je la fasse suer un peu plus que ça ! ;-))

- Pour autant, nous n'avons pas abandonné la compétition. "Cheval pieds-nus" ne veut pas forcément dire "cheval de loisir", n'en déplaise aux détracteurs ou aux personnes qui ne savent pas que c'est possible. Le changement de paradigme approche, je le sens, je le vois autour de moi, il est proche ! J'ai l'espoir que ça fonctionne pour ma frite, dans un premier temps. Révolutionner les idées reçues autour de moi, non, je n'en ai pas l'ambition. Prouver que ça peut le faire ? Par contre, ça, j'accepte le défi ! :-)

Lady a les moyens de sauter plus haut que le minimum, mais ne se fatigue jamais trop ! (sauf ici !) 

Je vous mets en vrac plus bas quelques liens vers des vidéos de concours de cette année. Si je voulais résumer la saison de ses 4 ans, je dirais :

1/ Qu'elle n'a pas montré beaucoup d'émotions sur ses tours. Elle n'est pas "allergique au bois" comme on dit ;-) mais ce n'est pas non plus un char d'assaut qui défonce tout sur son passage. On a fait plusieurs petits parcours de CSO pur en CL1, souvent 4 points un peu "du bout du sabot", un joli sans faute qui n'a pas été filmé grrrrr. :-D
Mon coach de CSO, chez qui je vais m'entraîner de temps en temps, me dit qu'elle a "les plus gros moyens", et qu'effectivement, elle ne voit pas encore bien l'intérêt de se fouler plus que ça pour franchir 90cm ou 1m... Je la comprends, et de là-haut, je peux vous confirmer que ça n'a pas l'air de lui demander beaucoup d'efforts.

2/ Que le cross, c'est son dada ! Elle a très vite compris et elle a adoré ! :-) Je n'en attendais pas moins d'elle. Elle passe partout, n'aime pas les trous des masses mais ne fait pas trop d'histoires. Galoper pour faire le temps, ça ne va pas être un gros problème a priori non plus.

3/ Qu'elle est très sérieuse dans son travail sur le plat et que je suis sûre qu'avec un peu de travail, elle pourra bien figurer parmi ses copains de 5 ans l'année prochaine ! :-)
Malgré la couleur pas flatteuse, le dos long et bien rigide qu'elle a, elle fonctionne plutôt bien et les juges apprécient l'ensemble.

Notre tout 1er protocole :-) 


1er complet à Laizé, elle gagne haut la main ! :-)

2ème complet à Brazey, elle gagne également.

 
3ème et dernier complet à Sandrans, elle gagne pour finir en beauté la saison :-)

Voilà pour la séance de rattrapage ! Aux dernières nouvelles, la frite est en vacances de moi depuis mi-août (ça commence à faire de longues vacances hein ! ;-)), je lui ai encore laissé tout une période pour souffler de sa 1ère saison (courte mais quand-même !) et puis grandir (on en est à une jument d'1m70 non ferrée... ça commence à faire un sacré bébé...).
Je pense la remettre au boulot durant mes vacances de Noël, pour préparer au mieux la saison progressivement. J'ai hâte !  

Au plaisir de vous lire... :-)

samedi 9 juillet 2016

La chouette dans sa nouvelle demeure : Un mois sous la selle


Nous voici dans notre résidence secondaire comme prévu depuis quelques jours. :-)
Après un voyage un peu agité où Lady aura sué des litres, d'avoir voyagé en grattant une bonne partie du trajet, nous avons découvert les installations du Clos du Verger.

Depuis notre arrivée, je lui fais faire une balade un jour, un petit travail en carrière le lendemain. Je n'insiste vraiment pas longtemps à faire des ronds dans le sable car elle progresse déjà suffisamment vite et aime beaucoup se promener.

En extérieur, des chemins à perte de vue entre les champs et sous les bois nous occupent bien ! Je n'ai pas encore eu l'occasion de croiser une route goudronnée, c'est vraiment agréable.
Dehors, Lady a appris à franchir des petits fossés secs et n'a, comme d'habitude, pas montré d'émotions négatives. Elle a un mental vraiment extraordinaire, comme beaucoup de ses cousines ! Ce qui ne l'empêche pas de "faire le sanglier" lorsqu'elle a peur de quelque chose (cf une aventure peu commune avec son nouvel amortisseur en mouton qui lui a fait un effet bœuf durant une bonne semaine !)... ;-)

Pour finir, une séance type (sans les passages au pas rênes longues et les pauses sucre) dans la carrière filmée ce matin :


dimanche 3 juillet 2016

3 semaines sous la selle


J-2 avant les grandes vacances pour moi, et bientôt un déménagement pour la chouette qui va se rapprocher de mon nouveau domicile l'espace d'un été, et peut-être d'un hiver lorsqu'elle ira au pré digérer ses premiers mois de travail. :-)

Nous avons trouvé une écurie sympa proche de Bourg, à Jasseron (je vais sans doute regretter Sandrans et les copains, mais pas les 60 bornes aller-retour quotidiens...) : ICI

La chouette avance gentiment dans sa compréhension du "travail" de cheval monté. Je commence à grimper dessus sans longer auparavant. Dehors, on se meut aux 3 allures sans problèmes. Le frein et l'accélérateur ont l'air de bien fonctionner. Pour le volant, ça dépend encore de bien des facteurs, enlever les dents de loup aura quand-même bien aidé au confort de ma monture...

Je vous ai fait une petite vidéo (un peu longue certes) pour vous faire participer à sa découverte du travail dans l'herbe au milieu du cross. J'en ai également profité, avant de quitter les écuries et pendant que "le bois est tendre", pour franchir quelques micro obstacles fixes (tronc/eau/contre-bas). Elle ne montre pas beaucoup d'émotion lorsqu'elle rencontre de nouvelles situations, c'est très encourageant ! :-)


La suite au prochain épisode !

samedi 11 juin 2016

Débourrage sur la fin !

Nous voilà maintenant à 2 semaines de découverte de la chouette depuis son arrivée. Depuis 3 jours, je suis dessus !
Nous avons commencé dimanche dernier le montoir, comme prévu, et avons poursuivi gentiment l'ascension de mon postérieur sur son dos au fur et à mesure des séances... ;-)

C'est mercredi dernier que je me suis un peu "lancée", toute seule dans mon manège, à faire du montoir sans personne, après avoir testé gentiment avec des copains le dimanche précédent... ;-)
Comme elle avait l'air plutôt de bonne composition, je suis allée jusqu'à m'asseoir dessus, et puis après être montée/descendue de multiples fois, j'ai tenté de faire quelques pas. Au bout de 2 tours de manège sans heurt, j'ai cessé l'exercice, le sourire aux lèvres. :-)

Du coup le jeudi et le vendredi, rebelote, mais avec ma copine qui suit de près l'aventure. On a tenté le trot dans le manège le lendemain, et puis vendredi, la carrière, avec même un tour de galop pour tester. La petite vidéo reflète la séance : Des tours en avant, assez calme, pas encore bien droite ! ;-) J'ai pas mal de peine à tourner encore, elle ouvre grand le bec, et je n'ose pas trop l'embêter en attendant de lui faire enlever une grosse dent de loup qui ne doit pas franchement l'aider à trouver le contact avec le mors confortable...



Depuis, nous avons un peu progressé : Je trouve que je tourne un peu mieux, les arrêts viennent plus vite, et puis nous sommes allées tremper les sabots dans le gué aujourd'hui, et avons même faire un extérieur au pas après le boulot toutes les deux, sans encombres. :-)

J'ai hâte d'avoir un peu plus de contrôle et de pouvoir prendre un peu de contact. Elle s'avère avoir beaucoup plus de sang que ce que j'imaginais dans un premier temps. On sent quand-même bien qu'elle a le même père que la fusée Lentel... ;-)

samedi 4 juin 2016

La chouette sur le chemin du débourrage

En quelques lignes, cela fait maintenant une bonne semaine que Lady remplit mes après-midi et mes soirées... :-)

Avec une amie qui apprécie de découvrir en direct live le débourrage d'une 3 ans, j'ai fait une bonne séance aujourd'hui : Nous avons terminé avec la selle + le filet à la longe, et tout ça dans un calme plutôt Olympien.


Il faut dire que ce n'était pas gagné d'avance, la demoiselle est sensible et n'appréciait pas du tout le surfait depuis 4 jours. C'est dommage, je n'avais personne pour immortaliser l'instant, mais je me suis pris quelques franches rigolades à la regarder bronquer tel un mustang dans l’arène... :-) Comme elle ne se calmait pas très très vite, je me suis dit que la période rodéo avait encore quelques jours devant elle. Et puis aujourd'hui, allez savoir pourquoi, elle m'a fait mentir, elle avait sans doute réfléchi la nuit dernière...

J'ai trouvé également une petite méthode pour la fatiguer un peu avant la "torture" du serrage de ventre : quelques sauts en liberté, et hop, l'essence en trop pour bronquer se retrouve sur la réserve ! ;-)



Enfin voilà où nous en sommes, on se pend un peu aux étrivières, on fait du bruit et on agite la selle, et elle reste zen. Demain, si elle répète comme aujourd'hui, je ferai peut-être du montoir, pourquoi pas !