...perseverare diabolicum !
Oui, enfin là c'est facile à dire, mais à 16.35, lorsque j'ai eu envie de vomir sur mes pieds à l'annonce de LA nouvelle, j'avais du mal à relativiser.
Explications :
Figurez-vous que je suis toujours dans la classe du gommivore, et que ce dernier, non content d'absorber nombre de substances diverses et variées du genre écharpes, gommes, crayons, papiers...etc., a fait des siennes avec des denrées plus digestes...
Tout a commencé ce matin, sur les coups de 9.20, lorsque j'ai ramassé les dictées de mes pauvres CP, traumatisés par cette épreuve orthographique : Je m'aperçois subitement, en m'approchant de mon gommivore, que celui-ci a bel à bien écrit des mots !!! Et oui, je ne rêvais pas...
Pour que ce léger détail vous parle un peu, je crois qu'il est nécessaire que je vous rappelle qu'à la première dictée (préparée hein, je suis pas une vieille bique sadique !), notre ami le gommivore avait ruiné la moyenne de la classe puisqu'il avait obtenu (grâce à ma prodigieuse capacité à trouver des points là où il n'y en a pas) 0,5 / 10 pour avoir trouvé une lettre sur les 10 mots à apprendre...
Bref, je reprends donc à mon ramassage un peu surprenant : Voyant qu'il avait vraissemblablement travaillé, je suis d'abord très surprise, puis soulagée de constater que peut-être, cet énergumène avait (ou sa mère) pris conscience des bienfaits de l'effort... Pendant la récré, je corrige les fameuses dictées et là, je valide l'essai : Il a eu une note, certes, plutôt moyenne, mais fabuleuse en regard de la progression effectuée, et j'en fus toute émue de tant d'espoir.
Tout ça pour vous dire que je n'étais pas spécialement en train de chercher des noises à ce charmant bambin, quand tout à coup survint une collègue, qui était de surveillance de récréation, qui me narre que le gommivore avait mangé le goûter d'une élève de ma classe...
Effectivement, ça me rappelait vaguement quelque chose. Genre la déléguée de la classe qui était venue me dire que son goûter, qui se trouvait pourtant dans son cartable ce matin, s'était volatilisé depuis...
Bref, comme vous l'imaginez, je fais venir le gommivore, lui demande pourquoi il s'est approprié le bien d'autrui, comment il a fait, s'il n'a pas un peu honte de manger le goûter d'une camarade...etc. Là dessus une gamine digne de confiance m'explique qu'elle l'a vu fouiller le cartable de la déléguée en sortant en récréation. Ni une ni deux, je décide, malgré les protestations un peu molles et vides de sens de l'accusé ("Mais non c'est pas moi ! J'avais un goûter moi dans mon cartable !"), de marquer un mot (un de plus) à sa mère dans son cahier de liaison, puis de l'envoyer faire une punition dans une autre classe, histoire de ne pas m'acharner sur lui toute la journée, et puis un peu aussi pour les vacances psychologique que cet évènement allait me procurer... ;-)
Quelques heures et des dizaines de lignes plus tard, je revois mon gommivore, avant la sortie, et lui ré-explique que c'est vraiment dommage d'avoir volé ce goûter puisqu'en faisant cela, il s'était privé d'écrire la lettre au père Noël avec la classe... Stupeur de l'enfant, le regard dans le vide, déçu sans doute et fatigué de cette journée de confrontation sûrement.
C'est là lecteur, (oui parce qu'il faut bien que j'y arrive à ce moment tant redouté, que tu auras peut-être deviné si tu me connais un peu) que je touchai le fond : En libérant mes petits anges, je demande à la mère du gommivore de venir un instant, pour que je lui explique les méfaits de son marmot. Je commence par lui parler de la dictée plutôt encourageante (histoire de...) et lorsque je m'apprête à divulguer la terrible information, je vois arriver la mère de la déléguée en courant, qui me lance à tue-tête : "Y'a eu une histoire avec un goûter ce matin? C'est bon, tout est arrangé, on l'a retrouvé dans la voiture !!!".
...
C'est LA, à ce moment très précis, que j'ai eu affreusement envie de vomir. J'avais en quelque sorte "persécuté" un enfant de ma classe, le banissant de la rédaction tant attendue de la lettre au père Noël, me fiant sans vérifications suffisantes aux dires de mes collègues, à la parole d'autres enfants, n'accordant que très peu de crédit à celle du gommivore... Qu'est-ce que j'ai eu honte ! Oui, il était allé regarder dans le cartable de sa camarade... non pas pour faire ce dont je l'accusais, mais pour l'aider à trouver l'objet du délit...
Lundi, même si l'erreur est humaine, il va falloir que je présente mes excuses publiques à l'intéressé, et qu'une discussion entre ma classe et moi s'engage sur les bienfaits de la présomption d'innocence...
Oui, enfin là c'est facile à dire, mais à 16.35, lorsque j'ai eu envie de vomir sur mes pieds à l'annonce de LA nouvelle, j'avais du mal à relativiser.
Explications :
Figurez-vous que je suis toujours dans la classe du gommivore, et que ce dernier, non content d'absorber nombre de substances diverses et variées du genre écharpes, gommes, crayons, papiers...etc., a fait des siennes avec des denrées plus digestes...
Tout a commencé ce matin, sur les coups de 9.20, lorsque j'ai ramassé les dictées de mes pauvres CP, traumatisés par cette épreuve orthographique : Je m'aperçois subitement, en m'approchant de mon gommivore, que celui-ci a bel à bien écrit des mots !!! Et oui, je ne rêvais pas...
Pour que ce léger détail vous parle un peu, je crois qu'il est nécessaire que je vous rappelle qu'à la première dictée (préparée hein, je suis pas une vieille bique sadique !), notre ami le gommivore avait ruiné la moyenne de la classe puisqu'il avait obtenu (grâce à ma prodigieuse capacité à trouver des points là où il n'y en a pas) 0,5 / 10 pour avoir trouvé une lettre sur les 10 mots à apprendre...
Bref, je reprends donc à mon ramassage un peu surprenant : Voyant qu'il avait vraissemblablement travaillé, je suis d'abord très surprise, puis soulagée de constater que peut-être, cet énergumène avait (ou sa mère) pris conscience des bienfaits de l'effort... Pendant la récré, je corrige les fameuses dictées et là, je valide l'essai : Il a eu une note, certes, plutôt moyenne, mais fabuleuse en regard de la progression effectuée, et j'en fus toute émue de tant d'espoir.
Tout ça pour vous dire que je n'étais pas spécialement en train de chercher des noises à ce charmant bambin, quand tout à coup survint une collègue, qui était de surveillance de récréation, qui me narre que le gommivore avait mangé le goûter d'une élève de ma classe...
Effectivement, ça me rappelait vaguement quelque chose. Genre la déléguée de la classe qui était venue me dire que son goûter, qui se trouvait pourtant dans son cartable ce matin, s'était volatilisé depuis...
Bref, comme vous l'imaginez, je fais venir le gommivore, lui demande pourquoi il s'est approprié le bien d'autrui, comment il a fait, s'il n'a pas un peu honte de manger le goûter d'une camarade...etc. Là dessus une gamine digne de confiance m'explique qu'elle l'a vu fouiller le cartable de la déléguée en sortant en récréation. Ni une ni deux, je décide, malgré les protestations un peu molles et vides de sens de l'accusé ("Mais non c'est pas moi ! J'avais un goûter moi dans mon cartable !"), de marquer un mot (un de plus) à sa mère dans son cahier de liaison, puis de l'envoyer faire une punition dans une autre classe, histoire de ne pas m'acharner sur lui toute la journée, et puis un peu aussi pour les vacances psychologique que cet évènement allait me procurer... ;-)
Quelques heures et des dizaines de lignes plus tard, je revois mon gommivore, avant la sortie, et lui ré-explique que c'est vraiment dommage d'avoir volé ce goûter puisqu'en faisant cela, il s'était privé d'écrire la lettre au père Noël avec la classe... Stupeur de l'enfant, le regard dans le vide, déçu sans doute et fatigué de cette journée de confrontation sûrement.
C'est là lecteur, (oui parce qu'il faut bien que j'y arrive à ce moment tant redouté, que tu auras peut-être deviné si tu me connais un peu) que je touchai le fond : En libérant mes petits anges, je demande à la mère du gommivore de venir un instant, pour que je lui explique les méfaits de son marmot. Je commence par lui parler de la dictée plutôt encourageante (histoire de...) et lorsque je m'apprête à divulguer la terrible information, je vois arriver la mère de la déléguée en courant, qui me lance à tue-tête : "Y'a eu une histoire avec un goûter ce matin? C'est bon, tout est arrangé, on l'a retrouvé dans la voiture !!!".
...
C'est LA, à ce moment très précis, que j'ai eu affreusement envie de vomir. J'avais en quelque sorte "persécuté" un enfant de ma classe, le banissant de la rédaction tant attendue de la lettre au père Noël, me fiant sans vérifications suffisantes aux dires de mes collègues, à la parole d'autres enfants, n'accordant que très peu de crédit à celle du gommivore... Qu'est-ce que j'ai eu honte ! Oui, il était allé regarder dans le cartable de sa camarade... non pas pour faire ce dont je l'accusais, mais pour l'aider à trouver l'objet du délit...
Lundi, même si l'erreur est humaine, il va falloir que je présente mes excuses publiques à l'intéressé, et qu'une discussion entre ma classe et moi s'engage sur les bienfaits de la présomption d'innocence...
4 commentaires:
C'est pas grave mag...
Tu as fait une faute, mais tu vas en être punie en venant récupérer ma jument, me filer le tien pour la saison 2009 et c'est vraiment dommage car en faisant cette faute tu te prives d'une top saison 2009 à l'issue de laquelle le poulain jaune va devenir champion des 5 ans sans toi...
MDRRRRRRRR
Ou alors pour ta faute, très grande faute, tu seras condamnée à être commissaire aux obstacles sur le complet de Cluny, début août....;o))
Ca me pince le coeur cette histoire.
Les souvenirs de punitions injustement attibuées....
De tout coeur avec toi... Même mésavanture pour moi qui ai injustement accusé un élève connu pour ses divers méfaits, de m'avoir dérobé mon portable resté dans ma classe où il était allé chercher un chausson oublié... Résultat des courses, je l'avais oublié à la maison... Je sais donc ce que c'est !!!
Agnès
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