Samedi 19 avril, nous participions pour la toute première fois à une épreuve hunter en indoor dans le somptueux cadre de la finale de la Coupe du Monde à Lyon...
Pour nous, pas de grande arène aux 9000 places dans les gradins, mais plutôt une belle piste dans le hall d'à côté, piste qui servait aussi aux épreuves nationales et aux poneys.
Un écran géant néanmoins venait rajouter un peu de piquant à l'histoire, pour nous impressionner et nous rappeler qu'il ne s'agissait pas du petit concours du coin. :-)
L'engagement fit un trou dans nos comptes respectifs, mais avec nos 2
chevaux top pour la discipline, nous fondions de sérieux espoirs sur
une belle place au final. Super doté en argent et en cadeaux, le
concours nous avait attiré tout comme une trentaine d'autres couples.
Pour vous narrer cette journée, il faudrait déjà que je revienne un peu sur les jours précédents, qui permettent de mieux saisir la situation in vivo :
Malade depuis une semaine, le cheval d'Eddy ne pouvait prendre part à la compétition dans l'épreuve jumelle... C'était fort dommage pour nous, car la régularité du cheval, son respect pour les barres (surtout qu'une 125 pour lui, c'est un peu comme une 90 pour Golden...) et la monte parfaitement hunter du cavalier allaient bien nous manquer pour cumuler des bons points par équipe.
On essaie de se remobiliser la veille, effectuant un changement de cheval, et empruntant une jument sans expérience, et pas forcément très classique, de 7 ans qui avait peu tourné sur des épreuves de cette hauteur.
Au petit matin (5h), on nourrit les bêtes chacun de notre côté (la jument d'Eddy se trouvant à quelques kilomètres de mon écurie), je charge la mienne qui désormais grimpe seule dans le van avec la longe sur l'encolure, puis je me rends à Chiloup pour prendre l'autre.
En route pour la deuxième écurie, mon équipier, pas trop réveillé, se souvient soudain qu'il a oublié ses bottes dans sa voiture... Je fais demi-tour sur la route en grognant mais me dis que c'est mieux de s'en rendre compte maintenant plutôt qu'au moment de se mettre à cheval ! ;-)
On met 45 minutes à la monter dans le van, la garce... Tout y passe ! Elle ne met pas beaucoup de bonne volonté à la tâche, énerve profondément Eddy qui me clame qu'elle ne montera "jamais !", m'échappe même une fois quand j'essaie à mon tour et gambade en liberté... mais avec un peu de douceur et de patience, en descendant la mienne, ouvrant le bas-flanc, on finit par la soulever du sol et la mettre dans la boîte. Ouf !
En entrant sur l'autoroute, je vois qu'on va rouler sur la réserve. Merde ! Ni lui ni moi n'avions remis de gasoil depuis la dernière fois... Ah ben elle est belle l'organisation ! :-D
Je constate par la même occasion, qu'on est franchement en retard sur le planning, et m'active un peu pour rouler sans traîner. Ma surprise n'en fut pas moins grande lorsque je me fis flashée dans une descente à 95km/h sur la rocade... Le concours commençait à coûter cher, il allait falloir aussi rembourser ça ! :-/
On finit par arriver à Lyon, et les gars du parking ne nous trouvent pas sur les listes... On perd encore un peu de temps histoire de se mettre tout à fait dans l'ambiance de stress que j'adore, et puis je vais jeter un œil à ce qui m'attend sur la reco.
Le tour me semble tout à fait réalisable : Une 1ère ligne courbe à effectuer en 5 foulées un peu longue, un numéro 3 après un passage obligé qui nous fait tourner court devant, suivi d'un saut légèrement de biais sur un oxer étroit (on devait passer entre des plots derrière). Ensuite venait un saut de puce assez regardant constitué de 2 soubassements, puis un vertical sans contrat de foulées. Virage assez serré derrière pour aller sur une ligne en 4 foulées justes avec un saut à gauche du 1er de la ligne et à droite du second. Pour finir, le double à 2 foulées le long des gradins, 5 foulées normales un vertical, et une araignée assez serrée (pas difficile) pour finir. Le tout dans un cadre vraiment soigné, des fleurs partout, vraiment joli !
On sort sans faute, en ayant réalisé toutes les figures imposées, avec un très bon score de 85,75%, sauf qu'entre le 3 et le 4, elle change de pied comme je le demandais, mais se remet ensuite sur le pied droit, ce qui me vaudra une seconde place. Je sors néanmoins ravie de mon tour, même si je l'ai montée un peu "guerrière" et moins décontractée que je n'aurais dû. Faut dire que j'étais liquéfiée de me trouver là, pensant qu'elle réagirait de façon épidermique à l'environnement... Mais finalement, elle a été tout simplement géniale ! Je pense qu'elle change beaucoup en ce moment et prend de la maturité en piste.
Ensuite mon belge fit son tour, un GP 125, sur lequel il ne parvint pas à éviter 2 fautes, le long des gradins qui impressionnaient beaucoup sa monture... Himalaya resta aussi un peu figée, avec quelques mouvements de tête, une courbe en partie désunie, et un contrat de foulées non respecté.
Son score de près de 60% nous fit perdre nos espoirs de classement, nous rétrogradant à la 12ème place par équipe. Snif !
Ensuite vint le moment où la pression redescendit, où j'eus envie de manger un bout, et m'aperçus que j'avais laissé mon pique-nique dans mon frigo...
Tandis qu'Eddy repartit (non sans mal pour charger à nouveau sa jument) avec les chevaux, je restai pour couvrir de Grand Prix de dressage pour le journal Le Cheval. Au moins, je pus découvrir, avec un ravissement certain, que les accrédités presse bénéficiaient d'un buffet conséquent de verrines et autres petits sandwichs tombant fort à propos... ;-)
Sur la route du retour, le belge m'appela pour me faire part de sa dernière aventure de la journée : Il avait rangé, comme à son habitude, le ticket de péage entre les fentes de la ventilation, mais sur mon camion, ce n'est vraisemblablement pas une riche idée puisque le fameux objet de convoitise glissa à l'intérieur du système et fut perdu au moment du passage en caisse... Là dessus, au péage, on lui réclama 89 euros, paiement du trajet le plus long possible, ce qui mit notre conducteur fort en rogne qui démonta allègrement tout mon tableau de bord afin de retrouver le petit morceau de papier, témoignage de sa bonne foi...
Je vais finir par croire que la loi de Murphy ou loi de l'emmerdement maximum nous frappa en ce jour de concours qui coûta un œil, ne rapporta pas un rond, mais nous en fit perdre à la hauteur de nos espoirs de victoire ! ;-)
2 commentaires:
J'adore ta façon de raconter !
Et j'oubliais de dire que ta jument a été quand même super zen ! Chapeau bas !
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